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Église Saint Christophe

 

HISTORIQUE

La chapelle Saint Etienne de Frontignan du Vè siècle, sise sur l’emplacement d’une villa romaine appartenant à un certain Fronteius, ne verra ses fidèles que les jours de pèlerinage, abandonnée d’ailleurs au début du siècle dernier, lors des guerres de 1914 et de 1939.

Au XIIè siècle, une nouvelle église, St Christophe, église du Castrum (château fortifié des Seigneurs de Faugères) s’élève à FAUGERES, à l’abri des remparts.

Le 18 juin 1136, Faugères est désigné pour la première fois comme un castrum et les noms de deux chapelains desservant l’église Saint-Christophe sont connus ; ce sont des clercs apparemment très liés aux moines cisterciens : Guiraud en 1139, Bernard en 1147.

- Source : Cartulaire de l’abbaye de Sylvanès – N° 471 – p 390

 

Les siècles s’écoulent sans histoire jusqu’au XVIè siècle.

Une reconnaissance est faite à Jean Causse, prêtre en la cathédrale de Béziers et prieur de Faugères, ainsi qu’aux demoiselles Isabeau-Marie et Anne Causse, ses sœurs cohéritières, Thomas Causse leur frère seigneur pour la moitié de Puget (Hérépian) et pour l’autre moitié conformément au bail à fief consenti par Jean de Mourcairol au Puget. L’acte a été reçu à Bédarieux par Arnaud de Rols, des Rives, notaire à Saint-Pons, le 9 octobre 1553. Les biens sont tenus en emphytéose (droit réel sur la chose d’autrui après un bail de longue durée) et perpétuelle pagésie et sous la seigneurie haute en passage et avec toute justice moyenne et basse.

  • Source : Fonds Thézan Léran

 

Claude de Narbonne, baron de FAUGERES, en 1560,  converti très jeune à la Réforme est suivi de ses familiers et d’une grande partie de la population. C’est l’époque de la scission entre chrétiens « conservateurs » et chrétiens « novateurs ».  Aux violentes diatribes de la 1ère moité du siècle succéda rapidement une guerre fratricide , sanglante et particulièrement cruelle.

En 1562, dès le début des hostilités, l’église Saint-Christophe devint le lieu de culte protestant et le presbytère le logement du ministre (pasteur).

  • Source : Bulletin de la Société Archéologique et Historique des Hauts Cantons de l’Hérault – N° 17

 

En 1627, lorsque les troupes royales, commandées par le Duc de Montmorency, s’emparent de Faugères, il reste peu de l’édifice.
L’église du XIIè siècle et le temple de 1577, presque côte à côte, puisque ne les séparait que la largeur du cimetière, symbolisaient à la fois leur locale fraternité et leur dualisme religieux.

Le 20 mai 1636, l’évêque de Béziers, Clément de Bonsi vint à Faugères faire sa visite pastorale. Mais aucun service religieux ne peut s’y faire. Il célébra la messe « dans la maison d’un particulier, en laquelle la saincte messe se dict, de notre permission, despuis quen ces derniers troubles les hérétiques abbatirent l’esglise dudict lieu ». Le procès-verbal poursuit : « La voûte d’icelle est par terre et la murailhe du costé de l’épistre est en son entier, sauf du costé du chœur. Le devant (la façade) a esté despuis rebasty, sur lequel la cloche est posée ».

  • Source : BSAHHCH – N° 17

 

L’évèque ordonna la reconstruction de l’église. Cependant, en 1683, rien n’avait encore été fait, puisque le curé Causse demande aux autorités municipales de Faugères la restitution des bâtiments (l’église) usurpés par les protestants.

  • Source : BSAHHCH – N° 17

 

Le 10 janvier 1690, prix-fait de la construction de l’église paroissiale de Faugères, acte passé devant maître Barthélémy Basset, notaire à Bédarieux. Entre Jean Causse, prêtre et prieur de Faugères, d’une part et Jean Brunel, premier consul de Faugères, d’autre, suite à la délibération du conseil général du 6 courant, donnent à Louis Costes, maçon de Fouzilhon, puisque c’est lui qui a fait la meilleure offre, le contrat.

  • Source : Archives Départementales de l’Hérault – 2 E 7/134,ff 129-132

 


 
Extrait du registre paroissial :

« Il sera pour mémoire que sur la fin de l’année 1748, on a fait procéder aux réparations de l’église paroissiale de Faugères. C'est-à-dire on a refait le toit, blanchi le dedans, raccommodé les vitres, la prote, relevé et réparé la « chere », pavé la nef avec des pavés de caserne, fait la voûte de devant la porte de l’église, et fait ériger une croix de pierre par-dessus le village, peu tems après fut faite celle qui est au chemin de Pezenas en allant au puits. »
Signé Inquimbert, prieur.

  • Source : B.M.S. mairie de Faugères.

 

Le 21 septembre 1836, Monseigneur Charles-Thomas Thibault, évêque de Montpellier, commence sa visite pastorale dans les hauts cantons. Dans le registre, qui est conservé aux archives de l’évêché de Montpellier, sont mentionnés toutes sortes de notes concernant sa visite. Ainsi, il écrit « chemin affreux » pour aller à Pézènas, l’église de Faugères est « petite », mais celle-ci « communique avec le presbytère qui est fort bien ». Faugères voit coexister depuis la Réforme deux communautés religieuses, c’est pourquoi l’évêque qui a le souci de les faire coexister pacifiquement, déclare « paroisse très importante. Son importance tient à la différence des cultes. Ils tiennent beaucoup à leur foi sans cependant en respecter tous les préceptes ». A propos du curé, « M. Fabre, curé de Faugères, est un homme qui ne paye pas de mine, mais qui sait se conduire avec tant de sagesse qu’il est chéri des deux cultes ».

  • Source : BSAHHCH – N° 24 – pp 123-135

 

Enfin, le bâti ancien a été restauré en 1902 par les moines chartreux de Mougères modifiant l’intérieur de l’Eglise dans un style faux-gothique, la meublent de statues très sulpiciennes et élèvent un très solide clocher.
Subsistent de la construction ancienne l’entrée Nef (ouest), divers éléments d’ouvertures colmatés lors la reconstruction (jambages, arc, dés d’arc, claveaux en pierre de taille).
Le porche orienté sud/sud-est n’est pas de même époque que l’entrée semble t-il, plus ancienne, portail à piedroits, voussures du tympan en pierres sculptées, clocher carré à flèche terminale en pierre de taille.

 

 

 


DESCRIPTION

L’Eglise de FAUGERES est constituée d’une nef à trois travées, d’un transept, d’un chœur de deux travées et d’une abside à trois pans.

Les travées de la nef, du transept, du chœur ainsi que les 2 chapelles latérales du transept sont couvertes de voûtes sur croisées d’ogives. Le chœur est voûté d’ogives à trois quartiers.

Dans la chapelle du bras NORD du transept se trouve le confessionnal et le départ de l’escalier menant à la chaire.

Sur la chapelle du bras SUD du transept, s’élève le clocher. L’accès au clocher est une particularité de cette église. Il se fait par une passerelle en passant par l’ancien presbytère qui est maintenant une habitation privée. De plus, le beffroi est en très mauvais état, ce qui nous a obligé d’empêcher la volée de la cloche ; seul le marteau frappe la cloche.*

La façade OUEST est percée d’une porte monumentale donnant sur un tambour placé sous la tribune. Cette tribune se prolonge des deux côtés par deux balcons, jusqu’à l’arc séparant la 2è travée de la 3è.

Dans la 2è travée de la Nef en façade SUD, s’ouvre une porte latérale abritée sous un porche voûtée plein cintre.

Depuis le chœur, on accède à une grande sacristie accolée au mur NORD du chœur et qui se prolonge en retour derrière l’abside.
Dans cette sacristie, on remarque un bénitier en pierre avec une cuve circulaire du IXè siècle portée par une colonne et qui peut être datée du XIVè siècle ou XVè siècle.

La nef est couverte par une toiture à deux versants, SUD et NORD, le chœur et l’abside sont également couverts par une toiture à deux versants, dans le prolongement de celle de la nef et décalée vers le bas d’un mètre cinquante environ par rapport à celle-ci.

La toiture de la sacristie est d’un seul versant qui s’écoule vers le SUD.

La chapelle NORD et le porche SUD sont couverts par des toitures à deux versants EST-OUEST.

Sur le côté NORD, l’église est bordée par un terrain qui la sépare de l’ancien temple abandonné. Ce terrain était autrefois le cimetière de FAUGERES, son niveau supérieur se trouve à environ 2 m au-dessus du sol intérieur de l’église, dont il est séparé par un fossé envahi par la végétation.
L’exutoire de ce fossé vers la rue du vieux temps est colmaté, l’eau s’inflitre dans le mur NORD de l’église et remonte dans celui-ci par capillarité, en détériorant les enduits.

Il est donc nécessaire d’envisager une restauration du clocher à la fois extérieure et intérieure avec la réouverture de la porte « rue du vieux temple » pour pouvoir construire un escalier afin d’accéder au clocher par l’église.
Dans un 2è temps, les travaux envisagés concerneront la restauration de la façade sur « place du calvaire » et la restauration de la façade sur entrée « rue du vieux temple ».